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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 13:06

Un an déja, mais qu'a tu fais Elmag pendant tout ce temps??, J'entends déja vos questions.
Et bien pendant un an j'ai rangé mes boots pour enfiler des bottes, de belles bottes en cahoutchouc et je me suis installé dans le village de Valle Maria, à la périphérie de Diamante un petite ville de la région d'Entre Rios, près du rio Parana.



Ici habite Maria-Rosa, la soeur de Gina , la tante de Luigi. J'ai été reçu comme un roi, comme savent recevoir les latins.
En fait, c'est Luigi qui m'a parlé de Maria-Rosa, un soir en degustant des ravioles de cordero con crema de fontina y champignon chez Vicente, le meilleur restaurant de pates de Buenos Aires. Nous en étions à siroter un Terrazas de los Andes, un Mendoza rouge issu des vignobles situés au pied de la Cordillère des Andes, un vin très sombre, puissant et aromatique. L'histoire de Maria-Rosa est venue tout naturellement alimenter notre conversation sur l'ampélographie. Je lui parlait du domaine de Vassal, près de Sète dans l'Hérault, structure qui relève de l'INRA, lui m'a parlé de Maria-Rosa, de son combat pour préserver la nature et et de sa passion pour le développement durable.

Le soir même je partais pour Diamante et Valle Maria. En train jusqu'à Rosario et le reste du trajet avec la Star.


Pendant un an j'ai assisté Maria-Rosa dans ses actions quotidiennes pour la préservation de l'équilibre biologique de la terre, dans sa lutte contre les lobbies du chimique à tout prix, dans son inlassable démarche de formation et d'information. Je l'ai suivi dans ses vignes, dans sa ville, dans sa région, dans son pays et même à l'étranger.

J'ai partagé sa passion, admiré son courage, sa volonté, son abnégation, soutenu son acharnement à partager sa vision d'un monde meilleur dans une nature plus pure, plus saine, plus belle.

J'ai suivi ses pas dans des manifestations, des colloques, des séminaires.
Nous avons taillé, soigné, vendangé ses vignes, pressé son raisin comme le faisait mes grands parents en Languedoc, mis en bouteille ses vins, nous les avons dégusté lors d'interminables soirées gastronomiques.

Et puis un soir, prés de sa finca une caravane est passée, une caravane bruyante et polluante, une caravane de 4x4, de camions et de motos. Dakar en Argentine !!!!!

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 16:53
Le voyage jusqu'à Windhoek s'est poursuivi sans grand interêt et dans une douce somnolence. La loco réparée a bien tenu le cap. Elle roulait presque mieux qu'au départ et son chanter régulier mêlé au paysage aride qui défile me berce langoureusement. Quelques voyageurs nomades dorment dans le wagon, seul Jason, le contrôleur possède encore un peu d'énergie pour parler. La chaleur écrase tout et avant de faire sa tournèe Jason me parle de sa mère qu'il ne voit que très rarement car restée au village. Le repas que nous avons partagé à Karibib lui a rappelé son enfance et la cuisine que lui faisait sa mère qui savait, comme notre hotesse, marier les saveurs les plus exquises à partir de produits simples, d'épices savoureuses et de savoir faire ancestral.
L'Afrique me manque déja mais quelqu'un m'attend à Buenos aires.


windhoekairport-copie-1.jpg

Aprés un petit plongeon des plus réconfortants dans la piscine du Safari Court Hotel, près de l'aéroport de Windhoek, et avant l'embarquement je déguste un T'Punch bien frais dans la pénombre du bar. Chet Baker joue Tenderly. Petit prélude avant la fiesta latina argentine.

L'avion décolle dans la nuit, les lumières de la ville disparaissent peu à peu, l'Afrique se perd dans les quelques nuages qui s'accrochent au ciel et l'océan se drape des couleurs argentées de la lune. Et dans ma tête une chanson: " Je pars, le vol de nuit s'en va, destination Bahia, Buenos Aires ou Cuba, je pars, prends soin de l'opéra, de la rue des lilas...."

6 h 30; Buenos Aires s'éveille. Une pluie fifine tamise les regards encore embrumés des restes d'une nuit agitée. Les formalités douanières argentines sont épuisantes. Heureusement l'air frais du petit matin est vivifiant, et une petite odeur de café me guide vers la cafeteria du grand hall d'Ezeiza. Décidément tous les cafés de ces bars uniformisés se ressemblent: on trouve toujours mieux!

Aujourd'hui, deux choses: retrouver Luigi dans son atelier ,calle San Juan à quelques encablures du quartier de San Telmo, au nord de l'avenida de Mayo, quartier historique de B.A.. Luigi est le fils de Gina, l'une de ces immigrées italiennes du début du siècle passé. C'est surtout un ami et un super préparateur moto. Et oui, je dois aussi retrouver La Star. Luigi a dû la récupérer le mois dernier sur le cargo qui l'a chargée au Maroc.

Le chauffeur de taxi qui me drive est la caricature du mâle argentin, cheveux gominés, légère moustaches, ray-ban shooter pour bannir les rayons du soleil, cigarillo éteint, chevalière lapis lazulée, foto de J.M.Fangio au dessus du retro et auto-radio à fond sur des airs de tango. Sa caisse est à son image, customisée!

L'accueil de Luigi a la chaleur de l'Argentine, tout en douceur. Par contre, le cafè qu'il m'offre ressemble à un volcan. La Star est bien arrivée et est prête pour de nouvelles aventures. Je la retrouve avec un plaisir quelque peu ému, je caresse sa selle, les poignets, les chromes, le réservoir!

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /Août /2007 16:44

Il est 19 h 30 quand le RMS St Helena touche le quai de Walvis Bay, Namibia. La traversée depuis Jamestown a été plus calme, la croisière pouvait s'amuser. Les t'punch de Lewis étaient au top. Un vent chaud et sec caresse mes joues hirsutes et joue dans mes cheveux. Des odeurs de chèvrefeuille, peut-çetre, flottent dans l'air, Stone et Charden fredonnent "le vent a des odeurs de menthe, ta bouches a le gout des amandes, au dehors il y a du lilas, du chèvrefeuille sur la barrière..."

A 20 h Johnny shurry m'attend au bar du Lodge, l'hôtel qu'il m'a réservé. Johnny est l'un des managers de l'équipe de rugby de Namibie. Nous devons discuter des conditions de leur séjour à Marseille, pendant la coupe du monde. la discussion est amicale, franche, joviale et constructive à la fois. Les derniers détails sont vite réglés, les négociations antérieures avaient été rondement menées.

Après un repas léger dans un restau du bord de mer nous finissons la soirée dans un bar près du port aux allures de pub irlandais. Le patron est un ancien joueur de l'équipe nationale. Nous évoquons le match contre l'Argentine en 2003 pendant la coupe du monde et la défaite 67 à 14. Un gros combat d'hommes debouts, fiers de leur maillot avec les deux essais de Grobler et Husselman. La défaite est un peu lourde mais l'Afrique n'a pas à rougir face à des adversaires qui un jour iront loin, très loin.

Je donne quelques conseils à Johnny sur le jeu des Français que la Namibie doit rencontrer pendant la coupe 2007, lui précise que Laporte mise tout sur le physique, qu'il a tort et que Hakkies Husselman doit s'inspirer du jeu argentin, seul capable de battre la France d'aujourd'hui. Le tango argentin fera plier la bourrée auvergnate. Qu'il est loin le french flair des Codorniou, Sangalli, Blanco, la classe à l'état pur. Aujourd'hui est hélas venu le temps des bourriques dresséees qu'à rentrer dans le tas et gavées à coup de muscu. Nostalgie quand tu nous tiens. Et déja Carlos Gardel titille les émotions du danseur de tango qui sommeille en chacun de nous.

La nuit est déja bien avancée quand je regagne le Lodge. Une pluie fifine illumine l'asphalte et les phares des quelques voitures que je croise auréolent un danseur de Tango langoureux, panama sur le chef et un San Cristobal de la Habana au coin des lèvres.

Ce matin je marche lentement vers la railway station. L'athmosphère est chargée de mille senteurs parmi lesquelles on peut distinguer l'iode marine, la terre humide le chèvrefeuille, encore?? et déja cette odeur de charbon et de goudron qui provient de la gare. Une chanson de Marie me revient en mémoire: "Si je vais jusqu'à l'autre bout du monde
Je pourrai peut-être enfin trouver
Au fond de mon cœur, la raison profonde
Qui me pousse à tout abandonner
Le vrai bonheur, c'est cet instant parfait
Je n'ai plus rien à demander
L'air est si doux, ce matin d'été."

A Karibib, à mi chemin de Windhoek la capitale namibienne, la vielle loco se repose. Un incident mécanique me laisse 2 heures pour dégoter LA spécialité culinaire du coin. C'est en passant près de l'église que j'ai vu la fumée et senti une odeur suave d'épices et de ragout.

Elle est là, dans son boubou bleu nuit, elle se tient dans la pénombre de sa vielle case de planches et remue de temps en temps son vieux faitout en terre. Quand elle m'aperçoit elle se met à rire et m'invite à la rejoindre, je n'entend que "...bwana" , me fais comprendre que je peux m'assoir sous le viel arbre qui ombrage sa case et sans plus attendre m'apporte une assiette et me sert un verre d'eau.

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /Juil /2007 13:48

La traversée jusqu'à Ste Hélène fut longue et difficile. Non que le Royal Mail Ship St Helena soit inconfortable, loin de là , mais la mer fut assez impitoyable pour mes jours et mes nuits.

En effet, la mer fut déchaînée du départ à l'arrivée. Les quelques moments de répis ne m'ont permis que de récupérer quelques heures de sommeil grace à quelques t'punch "bateau" comme on dirait t'punch "maison", préparés par mon ami Lewis, serveur au bar du bord.

Même le débarquement fut difficile. Nous étions en retard. La nuit était tombée sur Jamestown et la mer était forte, je crois même qu'il pleuvait, une pluie fifine comme dirait Larivtaxi mais ici, il faisait froid.

C'est le corps engourdi et transi que je me présentai à l'accueil du Consulate, main street. J'étais attendu et Tim, le veilleur de nuit, ne fut nullement surpris de l'état dans lequel j'étais. Isabelle Adjani sussurrait dans ma tête: "J'suis dans un état proche de l'Ohio, j'ai le moral à zéro, J'suis dans un état proche de l'Ohio, je marche forcée dans le Massachusetts, à côté de de mes chaussettes, j'ai un p'tit scarabée d'or dans la tête" . Le scarabée avait besoin d'un bain chaud et d'un lit douillet, j'étais trop fatigué pour diner.

Ce matin il fait meilleur, le ciel est gris, la température supportable. le taxi de Dean me drive jusqu'à Longwood House, chez l'Empereur .

 

Exilé sur cette ile du bout du monde, comment à t-il vécu ses dernières années? Comment à t-il pu supporté cette infâme retraite? Loin des siens, loin du monde, loin de la France, loin de ses racines, loin, très loin de l'Histoire. Et pourtant l'histoire est là, elle me rattrape, dans ces ces pièces ou flottent encore une mémoire et une présence indéfinissables. Le petit lit de camp d'Austerlitz est triste à pleurer... perfide Albion.


"Tu domines notre âge; ange ou démon qu'importe! Ton aigle dans son vol, haletants, nous emporte. L'oeil même qui te fuit te retrouve partout. Toujours dans nos tableaux tu jettes ta grande ombre; Toujours Napoléon, éblouissant et sombre, Sur le seuil du siècle est debout" V.H.

Je demande à Dean de me laisser au sommet de l'échelle de Jacob. Seul, je descends les quelques 700 marches qui me conduisent sur main street. Et je pense au destin. Tragique ou fabuleux l'homme subit, il ne peut s'en détourner.

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /Mars /2007 13:37

Aujourd'hui c'est le départ pour Cape Town. Mary assure mon transfert vers le Jomo Kenyatta international airport. Le soleil commence à disparaître à l'horizon lorsque nous arrivons au terminal postal de l'aéroport. C'est là que nous avons rendez vous avec Peter, un ami de Mary. Peter est pilote d'avion dans l'aéropostale et il a accepté de m'embarquer avec lui pour l'Afrique du Sud. Le voyage dure 5 heures, le départ est fixé à 22h 30.

En attendant le décollage j'en  profite d'un autre, un ti punch de folie que m'a concocté Janis, la serveuse du Baracunda à deux pas de l'airport.

Elle m'a déniché un vieux rhum Bacardi oublié dans un coin de la cave. Elle trinque avec moi et me parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Elle a rencontré le grand Charles Aznavour lors d'un voyage à Paris. C'était l'époque ou elle chantait encore le soir au Baracunda. Son répertoire était celui de de Charles, Jezebel, au clair de mon âme, sur ma vie, toutes les années 50 et 60. Elle a très envie de parler, je l'écoute avec passion.

Une fine larme coule sur sa joue quand je l'embrasse en la quittant. De loin, sa voix éraillée, mais encore belle, me parvient, elle fredonne "que c'est triste Venise". J'en ai le coeur qui pleure.

4 H du mat, la pluie vient de cesser. Cape Town s'eveille. Les odeurs me rappellent la Martinique, d'ailleurs l'histoire semble se répéter un peu.

Cape Town, a été fondée en 1652 par des Hollandais pour assurer le ravitaillement des vaisseaux de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales.

En 1688, ce furent les huguenots Français qui debarquent pour planter la vigne et l'olivier mais pas de canne à sucre.

Aujourd'hui Cape Town avec sa population métis, ses malais et sa population blanche d'origine européenne diverse est considérée comme la capitale culturelle de l'Afrique du Sud.

 

 

Milton, le facteur du quartier de la gare près de l'airways terminal, sa tournée achevée, m'a accompagné jusqu'à Signal Hill. La vue est impressionnante. La ville est à nos pieds, le monde est à nos yeux. Le port s'endort lentement.

Je profite de la journée qu'il me reste pour aller me baigner aux portes de la ville. Milton m'a prété sa moto, une vieille Triumph Bonneville qui tourne comme un moulin.

Ces sensations de liberté commençaient à me manquer. Je repense à La Star qui m'attend sur un quai, quelque part, là bas.

Ce soir, je dîne avec Milton. Il connaît un restau sur le port tenu par une Métis originaire des Caraîbes. Je sens que je vais me régaler.

L'Arawak est ouvert sur le monde, sa clientèle est multiple, tous les peuples sont représentés. Diana nous accueille avec la joie non dissimulée de revoir Milton. Elle nous a réservé les meilleures places. Le soleil se couche, l'océan se calme, la ville s'appaise.

La salade aux calamars et au chorizo est surprenante, la casserole Bobotie est succulente avec ses boulettes de curry d'agneau haché (comprenant aussi de la mie de pain et des amandes), accompagnée de deux sauces: l'une aigre-douce, l'autre épicée à base de fruits secs. La cuisine d'Afrique du Sud est un brassage culturel.

Côté boisson, un petit Boschendal à robe pourpre, croisement de pinot noir et de cinsaut nous mène au firmament.

Demain c'est le départ pour Sainte Hélène. Diana s'est changé pour aller chanter, je ne sais pas pourquoi mais elle me fait penser à Edith Lefel. Le son de sa voix, la tristesse dans ses yeux. je l'écoute chanter de vieilles salsa latino, mais j'entends aussi Mon Ange, mon irréel:

"On dit que l'on voit toujours mieux, Avec les yeux du souvenir, Mais tu me manques tellement, Que ces souvenirs me font mal, Me vois-tu, de ton paradis, Il fait si sombre ici depuis, Que tu es parti de la vie".

Deux, trois Ti Punch m'ont aidé à m'endormir.

 

 

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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