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Il est 19 h 30 quand le RMS St Helena touche le quai de Walvis Bay, Namibia. La traversée depuis Jamestown a été plus calme, la croisière pouvait s'amuser. Les t'punch de Lewis étaient au top. Un vent chaud et sec caresse mes joues hirsutes et joue dans mes cheveux. Des odeurs de chèvrefeuille, peut-çetre, flottent dans l'air, Stone et Charden fredonnent "le vent a des odeurs de menthe, ta bouches a le gout des amandes, au dehors il y a du lilas, du chèvrefeuille sur la barrière..."
A 20 h Johnny shurry m'attend au bar du Lodge, l'hôtel qu'il m'a réservé. Johnny est l'un des managers de l'équipe de rugby de Namibie. Nous devons discuter des conditions de leur séjour à Marseille, pendant la coupe du monde. la discussion est amicale, franche, joviale et constructive à la fois. Les derniers détails sont vite réglés, les négociations antérieures avaient été rondement menées.
Après un repas léger dans un restau du bord de mer nous finissons la soirée dans un bar près du port aux allures de pub irlandais. Le patron est un ancien joueur de l'équipe nationale. Nous évoquons le match contre l'Argentine en 2003 pendant la coupe du monde et la défaite 67 à 14. Un gros combat d'hommes debouts, fiers de leur maillot avec les deux essais de Grobler et Husselman. La défaite est un peu lourde mais l'Afrique n'a pas à rougir face à des adversaires qui un jour iront loin, très loin.
Je donne quelques conseils à Johnny sur le jeu des Français que la Namibie doit rencontrer pendant la coupe 2007, lui précise que Laporte mise tout sur le physique, qu'il a tort et que Hakkies Husselman doit s'inspirer du jeu argentin, seul capable de battre la France d'aujourd'hui. Le tango argentin fera plier la bourrée auvergnate. Qu'il est loin le french flair des Codorniou, Sangalli, Blanco, la classe à l'état pur. Aujourd'hui est hélas venu le temps des bourriques dresséees qu'à rentrer dans le tas et gavées à coup de muscu. Nostalgie quand tu nous tiens. Et déja Carlos Gardel titille les émotions du danseur de tango qui sommeille en chacun de nous.
La nuit est déja bien avancée quand je regagne le Lodge. Une pluie fifine illumine l'asphalte et les phares des quelques voitures que je croise auréolent un danseur de Tango langoureux, panama sur le chef et un San Cristobal de la Habana au coin des lèvres.
Ce matin je marche lentement vers la railway station. L'athmosphère est chargée de mille senteurs parmi lesquelles on peut distinguer l'iode marine, la terre humide le
chèvrefeuille, encore?? et déja cette odeur de charbon et de goudron qui provient de la gare. Une chanson de Marie me revient en mémoire: "Si je vais
jusqu'à l'autre bout du monde
Je pourrai peut-être enfin trouver
Au fond de mon cœur, la raison profonde
Qui me pousse à tout abandonner
Le vrai bonheur, c'est cet instant parfait
Je n'ai plus rien à demander
L'air est si doux, ce matin d'été."
A Karibib, à mi chemin de Windhoek la capitale namibienne, la vielle loco se repose. Un incident mécanique me laisse 2 heures pour dégoter LA spécialité culinaire du coin. C'est en passant près de l'église que j'ai vu la fumée et senti une odeur suave d'épices et de ragout.
Elle est là, dans son boubou bleu nuit, elle se tient dans la pénombre de sa vielle case de planches et remue de temps en temps son vieux faitout en terre. Quand elle m'aperçoit elle se met à rire et m'invite à la rejoindre, je n'entend que "...bwana" , me fais comprendre que je peux m'assoir sous le viel arbre qui ombrage sa case et sans plus attendre m'apporte une assiette et me sert un verre d'eau.
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