Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /Juil /2007 13:48

La traversée jusqu'à Ste Hélène fut longue et difficile. Non que le Royal Mail Ship St Helena soit inconfortable, loin de là , mais la mer fut assez impitoyable pour mes jours et mes nuits.

En effet, la mer fut déchaînée du départ à l'arrivée. Les quelques moments de répis ne m'ont permis que de récupérer quelques heures de sommeil grace à quelques t'punch "bateau" comme on dirait t'punch "maison", préparés par mon ami Lewis, serveur au bar du bord.

Même le débarquement fut difficile. Nous étions en retard. La nuit était tombée sur Jamestown et la mer était forte, je crois même qu'il pleuvait, une pluie fifine comme dirait Larivtaxi mais ici, il faisait froid.

C'est le corps engourdi et transi que je me présentai à l'accueil du Consulate, main street. J'étais attendu et Tim, le veilleur de nuit, ne fut nullement surpris de l'état dans lequel j'étais. Isabelle Adjani sussurrait dans ma tête: "J'suis dans un état proche de l'Ohio, j'ai le moral à zéro, J'suis dans un état proche de l'Ohio, je marche forcée dans le Massachusetts, à côté de de mes chaussettes, j'ai un p'tit scarabée d'or dans la tête" . Le scarabée avait besoin d'un bain chaud et d'un lit douillet, j'étais trop fatigué pour diner.

Ce matin il fait meilleur, le ciel est gris, la température supportable. le taxi de Dean me drive jusqu'à Longwood House, chez l'Empereur .

 

Exilé sur cette ile du bout du monde, comment à t-il vécu ses dernières années? Comment à t-il pu supporté cette infâme retraite? Loin des siens, loin du monde, loin de la France, loin de ses racines, loin, très loin de l'Histoire. Et pourtant l'histoire est là, elle me rattrape, dans ces ces pièces ou flottent encore une mémoire et une présence indéfinissables. Le petit lit de camp d'Austerlitz est triste à pleurer... perfide Albion.


"Tu domines notre âge; ange ou démon qu'importe! Ton aigle dans son vol, haletants, nous emporte. L'oeil même qui te fuit te retrouve partout. Toujours dans nos tableaux tu jettes ta grande ombre; Toujours Napoléon, éblouissant et sombre, Sur le seuil du siècle est debout" V.H.

Je demande à Dean de me laisser au sommet de l'échelle de Jacob. Seul, je descends les quelques 700 marches qui me conduisent sur main street. Et je pense au destin. Tragique ou fabuleux l'homme subit, il ne peut s'en détourner.

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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