Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 16:53
Le voyage jusqu'à Windhoek s'est poursuivi sans grand interêt et dans une douce somnolence. La loco réparée a bien tenu le cap. Elle roulait presque mieux qu'au départ et son chanter régulier mêlé au paysage aride qui défile me berce langoureusement. Quelques voyageurs nomades dorment dans le wagon, seul Jason, le contrôleur possède encore un peu d'énergie pour parler. La chaleur écrase tout et avant de faire sa tournèe Jason me parle de sa mère qu'il ne voit que très rarement car restée au village. Le repas que nous avons partagé à Karibib lui a rappelé son enfance et la cuisine que lui faisait sa mère qui savait, comme notre hotesse, marier les saveurs les plus exquises à partir de produits simples, d'épices savoureuses et de savoir faire ancestral.
L'Afrique me manque déja mais quelqu'un m'attend à Buenos aires.


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Aprés un petit plongeon des plus réconfortants dans la piscine du Safari Court Hotel, près de l'aéroport de Windhoek, et avant l'embarquement je déguste un T'Punch bien frais dans la pénombre du bar. Chet Baker joue Tenderly. Petit prélude avant la fiesta latina argentine.

L'avion décolle dans la nuit, les lumières de la ville disparaissent peu à peu, l'Afrique se perd dans les quelques nuages qui s'accrochent au ciel et l'océan se drape des couleurs argentées de la lune. Et dans ma tête une chanson: " Je pars, le vol de nuit s'en va, destination Bahia, Buenos Aires ou Cuba, je pars, prends soin de l'opéra, de la rue des lilas...."

6 h 30; Buenos Aires s'éveille. Une pluie fifine tamise les regards encore embrumés des restes d'une nuit agitée. Les formalités douanières argentines sont épuisantes. Heureusement l'air frais du petit matin est vivifiant, et une petite odeur de café me guide vers la cafeteria du grand hall d'Ezeiza. Décidément tous les cafés de ces bars uniformisés se ressemblent: on trouve toujours mieux!

Aujourd'hui, deux choses: retrouver Luigi dans son atelier ,calle San Juan à quelques encablures du quartier de San Telmo, au nord de l'avenida de Mayo, quartier historique de B.A.. Luigi est le fils de Gina, l'une de ces immigrées italiennes du début du siècle passé. C'est surtout un ami et un super préparateur moto. Et oui, je dois aussi retrouver La Star. Luigi a dû la récupérer le mois dernier sur le cargo qui l'a chargée au Maroc.

Le chauffeur de taxi qui me drive est la caricature du mâle argentin, cheveux gominés, légère moustaches, ray-ban shooter pour bannir les rayons du soleil, cigarillo éteint, chevalière lapis lazulée, foto de J.M.Fangio au dessus du retro et auto-radio à fond sur des airs de tango. Sa caisse est à son image, customisée!

L'accueil de Luigi a la chaleur de l'Argentine, tout en douceur. Par contre, le cafè qu'il m'offre ressemble à un volcan. La Star est bien arrivée et est prête pour de nouvelles aventures. Je la retrouve avec un plaisir quelque peu ému, je caresse sa selle, les poignets, les chromes, le réservoir!

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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