Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /Mars /2007 13:37

Aujourd'hui c'est le départ pour Cape Town. Mary assure mon transfert vers le Jomo Kenyatta international airport. Le soleil commence à disparaître à l'horizon lorsque nous arrivons au terminal postal de l'aéroport. C'est là que nous avons rendez vous avec Peter, un ami de Mary. Peter est pilote d'avion dans l'aéropostale et il a accepté de m'embarquer avec lui pour l'Afrique du Sud. Le voyage dure 5 heures, le départ est fixé à 22h 30.

En attendant le décollage j'en  profite d'un autre, un ti punch de folie que m'a concocté Janis, la serveuse du Baracunda à deux pas de l'airport.

Elle m'a déniché un vieux rhum Bacardi oublié dans un coin de la cave. Elle trinque avec moi et me parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Elle a rencontré le grand Charles Aznavour lors d'un voyage à Paris. C'était l'époque ou elle chantait encore le soir au Baracunda. Son répertoire était celui de de Charles, Jezebel, au clair de mon âme, sur ma vie, toutes les années 50 et 60. Elle a très envie de parler, je l'écoute avec passion.

Une fine larme coule sur sa joue quand je l'embrasse en la quittant. De loin, sa voix éraillée, mais encore belle, me parvient, elle fredonne "que c'est triste Venise". J'en ai le coeur qui pleure.

4 H du mat, la pluie vient de cesser. Cape Town s'eveille. Les odeurs me rappellent la Martinique, d'ailleurs l'histoire semble se répéter un peu.

Cape Town, a été fondée en 1652 par des Hollandais pour assurer le ravitaillement des vaisseaux de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales.

En 1688, ce furent les huguenots Français qui debarquent pour planter la vigne et l'olivier mais pas de canne à sucre.

Aujourd'hui Cape Town avec sa population métis, ses malais et sa population blanche d'origine européenne diverse est considérée comme la capitale culturelle de l'Afrique du Sud.

 

 

Milton, le facteur du quartier de la gare près de l'airways terminal, sa tournée achevée, m'a accompagné jusqu'à Signal Hill. La vue est impressionnante. La ville est à nos pieds, le monde est à nos yeux. Le port s'endort lentement.

Je profite de la journée qu'il me reste pour aller me baigner aux portes de la ville. Milton m'a prété sa moto, une vieille Triumph Bonneville qui tourne comme un moulin.

Ces sensations de liberté commençaient à me manquer. Je repense à La Star qui m'attend sur un quai, quelque part, là bas.

Ce soir, je dîne avec Milton. Il connaît un restau sur le port tenu par une Métis originaire des Caraîbes. Je sens que je vais me régaler.

L'Arawak est ouvert sur le monde, sa clientèle est multiple, tous les peuples sont représentés. Diana nous accueille avec la joie non dissimulée de revoir Milton. Elle nous a réservé les meilleures places. Le soleil se couche, l'océan se calme, la ville s'appaise.

La salade aux calamars et au chorizo est surprenante, la casserole Bobotie est succulente avec ses boulettes de curry d'agneau haché (comprenant aussi de la mie de pain et des amandes), accompagnée de deux sauces: l'une aigre-douce, l'autre épicée à base de fruits secs. La cuisine d'Afrique du Sud est un brassage culturel.

Côté boisson, un petit Boschendal à robe pourpre, croisement de pinot noir et de cinsaut nous mène au firmament.

Demain c'est le départ pour Sainte Hélène. Diana s'est changé pour aller chanter, je ne sais pas pourquoi mais elle me fait penser à Edith Lefel. Le son de sa voix, la tristesse dans ses yeux. je l'écoute chanter de vieilles salsa latino, mais j'entends aussi Mon Ange, mon irréel:

"On dit que l'on voit toujours mieux, Avec les yeux du souvenir, Mais tu me manques tellement, Que ces souvenirs me font mal, Me vois-tu, de ton paradis, Il fait si sombre ici depuis, Que tu es parti de la vie".

Deux, trois Ti Punch m'ont aidé à m'endormir.

 

 

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Mardi 9 janvier 2007 2 09 /01 /Jan /2007 13:45

Wilson, le cousin de Ravir m'accompagne à Mahébourg dans son vieux Dodge déglingué. On boit un café ensemble dans le hall de l'aéroport et c'est l'embarquement pour Nairobi ou je dois retrouver Mary.

J'ai connu Mary dans les lacets du col de la Gineste lors d'un Marseille-Cassis. J'ai pu admirer sa foulée féline lorsqu'elle m'a dépassé. Elle a dû arriver 45 mn avant moi, c'est une véritable athlète. Nous nous sommes revus sur le port de Cassis, elle cherchait un taxi pour l'aéroport, je lui ai proposé de l'accompagner, elle a accepté et nous sommes devenus amis. Dans l'autoradio Vanessa Paradis sussurait " Jo le Taxi, c'est sa vie..."

Aujourd'hui j'ai rendez-vous avec elle au musé national de Nairobie où elle suit un stage dans le cadre de ses études d'archéologie. Elle m'a invité pour un footing sur ses terres d'entrainement. Dès la sortie de la ville les paysages sont grandioses, et le site d'entrainement des athlètes est situé dans un parc superbe et qui concentre pistes synthétiques, bithume et chemins de savanne bordés d'accacias et protégés des animaux sauvages.

 Ma nuit a été calme et reposante, Mary m'ayant imposé un rytme d'enfer que je n'ai soutenu que pendant 7 km. Pour elle c'est la grande forme elle prépare le marathon de Londres. Sa famille m'a hébergé pendant 2 jours, tous les hôtels de Nairobi ayant été réquisitionnés pour le Forum Social Mondial.

Aujourd'hui, Mary m'accompagne jusqu'à Emali sur la A 109. De là nous prenons la C 102 piste interminable qui nous mène aux abord du Kili.

 

Son FreeLander passe partout sur des rythmes africains poussés au maximum. Ayub Ogada, Fundi Konde, Joseph Kamaru, Zannaziki se succèdent sans repos sur le vieil autoradio, les tamtams nous annoncent l'apparition du dieu Kili, qui soudain apparaît dans toute sa splendeur.

A ma demande Mary a éteint l'autoradio et nous approchons du Kilimandjaro. Je suis debout grace au toit ouvrant et je chante.

"Il n'ira pas beaucoup plus loin, la nuit viendra bientôt, il voit la-bas dans le lointain, les neiges du Kilimandjaro"

Nous n'irons pas ce soir sur le Masai Ngaje Ngai, la maison de Dieu, tout près de la cime Ouest, chercher la carcasse gelée du léopard. au contraire, nous laisserons au léopard le mystère de sa quête à 6000 mètres d'altitude, Ernest ne nous en voudra pas.

 

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /Déc /2006 16:21

Sur les conseils de Ravir je vais partir me reposer quelques jour sur l'ile Maurice, chez lui. Ils me donne quelques adresses et des cadeaux pour sa femme Indira et ses enfants qu'il ne reverra que dans deux mois.

Je quitte donc Gorée, Dakar et le Sénégal la tête pleine d'images fortes et émouvantes. Le 747 de la SAA est confortable, le plateau repas correct et le sourire des hotesses sud africaines charmant. Dutronc et ses fesses en l'air finissent par m'endormir et je rêve moi aussi d'être une hotesse de l'air.

Je viens d'arriver à l'hotel, super!

La tête encore dans les nuages j'ai du mal à rassembler mes idées. Un petit détour par le bar m'aidera à savourer le moment.

L'ambiance créole me fait toujours le même effet douceur, sérénité, bien être.

Je m'installe dans le salon du bar, près de l'accés au ponton, la mer est calme, le soir tombe lentement et le soleil, le soleil....

Une créature de rêve m'apporte un petit verre de Green Island: le bonheur! Au piano un authentique artiste me berce d'un viex titre de Juan de Marcos.

Je crois que je vais rester quelques jours.

La gastronomie Mauricienne a ceci de particulier qu'elle allie majestueusement la saveur des épices indoues, le piments des mets créoles et le raffinement de la cuisine chinoise. Ce soir là le chef a concocté une sublime daube de calmars à la mauricienne accompagnée de chutney de mangue , une géniale fricassée de margozes et enfin une succulente mousse de banane, menthe et citron.

Ce soir là, je suis resté longtemps sur la plage, la lune était limpide quand elle émergea de l'horizon. La nuit n'en fut que plus belle.

Ce matin après un petit footing sur la plage, Isham le cousin de Ravir m'a fait un cadeau délicieux.

La salle de massage de l'hôtel est un lieux idylique, à l'ambiance satinée et aux senteurs suaves. C'est un moment de pur bonheur à l'abandon dans les mains divines de Shalira!

Sous les paillottes de la plage j'ai rencontré Sophie, grande voyageuse qui profite sur l'ile d'un repos mérité avant d'autres destinations. Nous avons parlé de nos périples. Ses voyages sont sur un site super "Les voyages de Sophie", à voir absolument! Et Desireless fredonne dans nos tête " Voyage voyage, Ne t'arrêtes pas, Au dessus des barbelés, Des coeurs bombardes, Regarde l'Ocean, Voyage voyage"

Ce matin je vais rendre visite à Indira, qui signifie splendeur, l'épouse de Ravir. Elle habite dans la petite ville de Rivière des Anguilles tout au sud de l'ile. Son accueil est à l'image de Ravir et de tous les Mauriciens, chaleureux et fraternel. Les enfants sont heureux d'avoir des nouvelles de leur père, ils l'attendent. Ces instants sont magiques, le paradis sur terre est devant moi.

La soirée sur la plage est sublime, le ti punch à base de Goodwill est excellent, les langoustes péchées et préparées au barbecue par wilson son succulentes. Toute la famille de Ravir est là et les chants se prolongent tard dans la nuit.

 

 

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 11:24

6 heures du matin sur le port de Dakar Joseph m'attend près de sa pirogue. La mer est calme, l'air léger, la température idéale et le café très chaud. La traversé jusqu'à Gorée est presque agréable malgrè les souvenirs qui nous entourent.

Hier soir Joseph m'a parlé de sa vie, de ses ancêtres avec une émotion contenue et une retenue éxemplaire. Les hommes ont, souvent hélas, des moments de pure folie cruelle et ils atteignent sans mal un statut de déchet méprisable.

L’île de Gorée est un symbole fort de l’histoire de l’esclavage, d'un voyage sans retour. Les Etats-unis, le Brésil ou encore les Antilles, des destinations de rêves? pas pour ces femmes et ces hommes arrachés de leur terre.

La maison des esclaves est le lieu symbolique de la traite négrière. Elle fut construite en 1776 par des Hollandais.Plus de 3 millions d'hommes de femmes et d'enfants ont transité dans ce lieu retiré.

Et le son des gospels resonne encore dans ma tête "oh when the saints go marching in..., and when the sun no more shall shine..., and when the moon has turned to blood...."

Je reste un long temps à regarder l'océan vers l'ouest et je vois des Galions, je ne vois que les voiles et l'équipage qui s'active, je ne vois pas nos frères mais je ressens cette souffrance et cette douleur qui craquent sous les planches du pont.

Je revois les plages de la Martinique, son sable chaud, ses cocotiers et je touche la douleur de ceux qui y ont débarqués les fers aux pieds. Les Martiniquaises et les Martiniquais, ceux qui sont La Martinique aujourd'hui peuvent être fiers de leurs aïeux et je repense à manman Anna.

La nuit est tombée, Joseph m'invite chez lui. Sa femme et se enfants me redonnent l'espoir d'un monde meilleur.Le cabri aux gombos et patates douces me rassure sur le potentiel des hommes.Le vin de palme est extra et les sons du mbalax de Viviane Ndour dans la nuit me rassurent.

 

 

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /Déc /2006 12:06

C'est le petit matin, je débarque encore endormi sur un quai de Dakar. Il fait déja chaud. Ravir connait un vieux boui-boui ou l'on peut prendre un café. Son pote Youssou est déja aux fourneaux, il nous prépare un petit dej africain à savoir, une salade MamiWata morue, avocat, concombre, tomate, piment et salade. inutile de vous dire que ça réveille, ça met en forme aussi.

Pourtant, aujourd'hui je suis triste. J'ai décidé de rendre hommage au maître du désert, celui qui nous a quitté un jour de janvier 2005, sur une piste de sable, celui qui a pris une autre piste, la haut, au ciel, celui qui nous manque tant sur cette terre africaine et qui n'aura pas eu le bonheur de longer les rives du lac rose sur la dernière étape.

Pour toi, Fabrizio je vais aller contempler ce lac que tu révais de toucher une dernière fois.

 

"Il destino" a choisi pour toi d'autres rivages, d'autres lieux, d'autres étendues, destinazione paradiso. Merci Fabrizio pour le sourire que tu m'as offert un jour à Marseille et que ta route soit belle! Et les guitares de ZZ Top pleurent "asleep in the desert".

Je ne m'attarderai pas à Dakar aujourd'hui l'émotion est trop forte et d'autres moments forts m'attendent.

A Gorée cette fois.

Par Pat - Publié dans : lesperiplesdelmag
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